A Milk Symphony

Voici le poème qui a donné son titre la pièce :

I would look inside me

and what would I see?

A greek lemon tree

and you, diving

in a green salted lake

as soft as a dolphin,

Milk is leaking through my lips



A l'origine de cette symphonie, la volonté de traduire en sons les différentes facettes de l'état amoureux. Les accords se transforment comme les différents angles de vue d'un même état, ou figurent la fluidité, la transformation des états d'âme. J'ai commencé cette symphonie alors que j'avais à l'intérieur de moi un flot musical qui ne demandait qu'à s'écouler.


Le premier mouvement pourrait s'appeler prélude ou réminiscences. L'élément eau est très présent. A travers les diverses sensations, réminiscences, sourd des profondeurs peu à peu la conscience de la passion.


Je parle à la Lisière

de tes mots

Où sont passées

mes prières ?


J'espère encore, j'espère

Vesper, vesperis,

Lys sous l'ombrage

Vers ton doux rivage


Tes mains en ombelles

Sont des corolles offertes

En conques sur mes oreilles,

Fanées de pluie et de fraîcheur d'avril


Alourdie d'ambre aujourd'hui,

J'aurais voulu peindre tes soucis

À l'encre délavée des lueurs d'été

Si ton cœur se durcit,

Pense que les vagues du jour

Ont encore des ailes pour s'aimer


Serrée au creux du temps,

L'angoisse au moins

me pousse à déployer le poème :

Pas d'autre issue si je veux survivre

À la trame usée de mes souvenirs.


Le deuxième mouvement est un chant d'amour. L'oeuvre permet de recréer une image confortable, aimable sans risque de l'être aimé, loin des tourments d'une relation amoureuse réelle. Mais, au final : « Ce ne sont que tissages à l'amère ressemblance du silence ». Le Leitmotiv est construit sur les lettres « A MILK ».


Ce visage mu par l’aube nue :

Traîne d’essences en terre d’être,

L’aimant transcendant la tristesse

à la vitesse du déluge...


Poétesse de naître plus

sans elle, à tire d’ailes

Étendues en plis de brisures séchées sur le sable

Rugueuses amarres, traînées derrière elle,

semblables aux semonces


Ce mont ce matin là

sentait bon l’herbe et le blé du Champsaur


Nous sommes restés sur le seuil

prêts à tomber, retenant avec

peine les vagues derrière nous,

et devant nous...


Ce ne sont que tissages

À l’amère ressemblance du silence

Sur le seuil de l’eau : l’oubli.


S’évertuer à l’autre…s’écouter grandir,

Vergers vers d’autres rives :


La densité d’un bois frotté

aux couleurs d’automne



Le troisième mouvement est un rêve de puissance : maîtriser une grosse machine broyeuse tel un tractopelle géant, expression de la colère devant la non réponse de l'être aimé. Mais ce mouvement n'est pas encore terminé.

Programmation:

https://culture.univ-grenoble-alpes.fr/medias/fichier/louvre-boite-sept-oct_1598434495362-pdf?ID_FICHE=1089418&INLINE=FALSE      (p48)

https://culture.univ-grenoble-alpes.fr/menu-principal/agenda/pratiques-artistiques/orchestre-des-campus-de-grenoble-704320.kjsp?RH=1584007146875